Bilan des activités de Solidarité Bosnie en 2025

Bilan des activités de Solidarité Bosnie en 2025 :

1. Rétrospective :

En juin 2004, l’Association des survivants de Srebrenica a été acceptée à la Maison internationale des associations, après un refus qui a nécessité trois mois de négociation du fait que les Bosniaques étaient perçus durant la guerre en Bosnie-Herzégovine, comme étant une des parties belligérantes.

Ce manque de solidarité, malgré les 100’000 victimes de l’agression serbe et du «nettoyage ethnique», perdure encore aujourd’hui. Du fait qu’il y a en Suisse, peu de demande de renseignement, de propositions d’activités et d’engagements concrets, depuis 30 ans l’essentiel de nos échanges et activités se font avec nos partenaires de Bosnie-Herzégovine et de France, où existait de 1992 à 1996 le mouvement «Citoyens-citoyennes pour la Bosnie» qui coordonnait plus de 300 collectifs soutenant la résistance en Bosnie-Herzégovine contre le «nettoyage ethnique» génocidaire, en dénonçant la complicité du gouvernement de Mitterand avec Milosevic.

Durant la guerre en Bosnie-Herzégovine, notre groupe Mirna Bosna (journal du même nom) assumait les autorisations de manifester devant l’ONU qui rassemblait de 1000 à 2500 Bosniaques et une vingtaine de Suisses. Considérant que c’était des nationalistes et belligérants comme les autres, la Gauche concentrait sa solidarité sur les réfugiés, les déserteurs et l’aide humanitaire. Ceci, à de rares exceptions, jusqu’aux manifestations solidaires qui ont suivi l’annonce en juillet 1995 d’un grand massacre à Srebrenica.

En 2000 a été fondée l’Association des survivants de Srebrenica, dans le cadre de laquelle a été organisé les 5 premières Marches Srebrenica, transférée dans la région de Srebrenica par une rencontre en octobre 2004, suivie de l’organisation de la «Marche internationale pour la Paix» depuis juillet 2005.

En 2004-2005, il y a eu dans le Canton de Vaud la mobilisation du Mouvement des 523 contre le renvoi de 523 réfugiés, dont 160 Bosniaques, dont la grande majorité est restée.

Nous étions peu nombreux face au risque de sécession de l’Entité Republika Srpska et donc d’une guerre qui menaçait la Paix en Bosnie-Herzégovine et en Europe. Les pacifistes n’ont pas voulu s’engager dans un travail de prévention, en participant notamment à la «Marche internationale pour la Paix» qui permet pourtant de mener un travail de mémoire et de promotion du Vivre ensemble face au risque de reprise du conflit.

2. Un nouveau contexte sepuis mi-octobre 2025 :

Le danger de sécession et donc de guerre, n’a été écarté que récemment par la décision du Parlement de la «République serbe» d’abolir les lois de sécession de cette Entité qui occupe la moitié de la Bosnie-Herzégovine. Malgré le fait que les problèmes de fond subsistent, ce contexte nous permet de relancer des projets comme celui d’un grand GR de 380 km entre Vukovar et Dubrovnik, passant par les 80 km du trajet entre Nezuk et Srebrenica, qui permettrait de rapprocher des citoyens et logeurs des différentes communautés traversées.

3. Notre Permanence et Centre de documentation Solidarité Bosnie :

Ouverte chaque matin de 9h15 à 13h. Bienvenue : café ou thé offert vers 11h. Téléphonez-nous pour un rdv.

Avec nos partenaires du réseau SIBH, nous assurons l’échange des informations et l’analyse de la situation. Nous transmettons une ou deux fois par mois nos messages à 230 destinataires, mais nous avons peu de retour. Nous disposons d’une large documentation, répartie en une centaine de classeurs sur différents sujets, à disposition des chercheurs, écoliers, collégiens, étudiants, avec aussi 200 livres en prêt.

Mais en 2024-2025, trop peu de demandes et visites. Et le seul journaliste qui nous a contacté habite Sion...

Qui pourrait nous aider à trier et numériser notre documentation ? Nous n’avons pas les moyens d’assurer des salaires. Un bénévole bosniaue, Anel, va réactualiser notre site depuis mars et en assurer le suivi.

Nous remercions chaleureusement nos 48 membre de Genève et d’autres cantons, pour leurs cotisations et dons, qui nous permettent de poursuivre nos activités en payant notre loyer et nos frais de gestion et d’impression.

4 Quelques faits marquants en 2025 :

14 février : Lettre envoyée au Parti socialiste pour inviter leurs membres à venir à la Marche pour la Paix. Un appel a été inséré dans leur journal en mai, mais aucun candidat ne s’est présenté, sauf un qui n’est pas venu…

11 mars : Nous étions quatre : Abdurahman Avdic (survivant du génocide de Srebrenica), Ajla Kuduzovic (Brassards blancs), Bertrand Du Pasquer et Ivar Petterson, pour informer une quinzaine d’enseignants et les inciter à organiser avec leurs élèves des sessions d’information sur le génocide de Srebrenica, avec une réflexion sur la prévention de tels crimes. Nous avions apporté toute une documentation, mais il n’y a eu aucune suite…

27 mars : AG de Solidarité Bosnie. 9 présents, une dizaine d’excusé-e-s. Le Bilan des activités 2024 a été adopté, ainsi que le Rapport des comptes.

Le Comité nommé en 2025 : Ivar Petterson (président), Bertrand Du Pasquier (ex-délégué de l’UNHCR entre 1992 et 1995 à Mostar et Krajinja), Zlata Salihbegovic (de Satajevo, trésorière), Ferisa Jasarevic.

Demande au Conseil fédéral de protéger les Bosniaques de la région de Srebrenica et la Marche pour la Paix par des soldats de la Swisscoy basée en Bosnie. Le chef du DMF nous a répondu que ce n’est pas possible.

29 mars : Participation à l’AG de Mir Sada (Lyon). Une cinquantaine de personnes présentes. L’action de parrainage d’écoliers de Bosnie-Herzégovine se poursuit.

28 mai : Film sur le drame d’une famille bosniaque «Le chemin d’Halima» au Cinelux.

28 juin : Place des Nations. Exposition de 52 dessins sur le génocide de Srebrenica et l’ONU, réalisé par Sukrija Meholjic. venu d’Oslo. Semso Salihovic a assumé la responsabilité de cette expo, que nous n’avons pas pu transférer ensuite à l’ONU (comme nous l’avions souhaité en prenant contact avec la Mission suisse à l’ONU).

A 17h30, rassemblement organisé avec l’Association culturelle des Bosniaques de Genève (250 Bosniaques et une quinzaine de suisses étaient présents). Nous avions invité le Maire de Genève, Antonio Gomez, qui a pris la parole, en assurant le soutien de la Ville de Genève à la communauté bosniaque. J’ai pris la parole en appelant à participer à la Marche internationale pour la Paix. Des gerbes de fleurs ont été posées devant la pirre «Kamen Spavac» (en face de l’ONU) en mémoire des victimes du génocide en Bosnie-Herzégovine, dont Srebrenica.

A 20h, film «Abdulah» (histoire d’un survivant) d’Abdurhaman Avdic, à la Maison des associations.

6 juillet : Marche internationale pour la Paix. A Tuzla, le groupe belge est arrivé en premier. Nous avons été au lac salé et pris des repas à côté de la mosquée de la Place des veuves de Srebrenica.

Le 7 juillet entre 17h et 18h, accueil des participants à la gare routière de Tuzla. Nous partons à Nezuk (une heure de route) dans un bus spécial affrété par Esco (notre partenaire pour la logistique de notre groupe).

Du 8 au 10 juillet, 80 km de marche en 3 étapes de 26 km. Les Belges manquent d’entraînement pour un trajet montagneux, mais sont courageux. Il y a 8000 marcheurs avec de la pluie à mi-parcours le 1er jour, qui a rendu boueux la montée du col du mont Udric.

Le 11 juillet, nous avons quitté Srebrenica pour aller au Mémorial de Potocari. L’acheminement de nos bagages n’a pas été facile. Environ 70’000 Bosniaques étaient présents pour les 30 ans du génocide avec enterrement de 25 victimes. Les représentants internationaux ont un accès prioritaire aux photos et films au Mémorial, ce qui prive son accès à la grande majorité des Bosniaques, n’étant ouvert qu’à 14h. au moment où la plupart des autocars qui viennent de tout le pays sont en partance.

Après le repas pris au Centre Emmaus de Potocari, nous avons tenu la réunion-bilan de notre groupe, avant de partir pour Sarajevo avec notre bus spécial, en nous arrêtant vers Kladanj pour rencontrer le sculpteur de la pierre qui sera amenée à Paris pour honorer la Mémoire des victimes du génocide de Srebrenica.

A Sarajevo, nous étions logés en divers lieux. Le groupe belge dans le quartier de Grbavica où durant 3 jours, ils ont préparé leur spectacle de théâtre, basé sur leur expérience de la Marche et témoignages de survivants.

Dans notre groupe de 42 participants de Belgique, France, Italie, nous n’étions que deux de Suisse : Ajla Kuduzovic et moi, ceci malgré un important travail de promotion mené depuis octobre 2024.

25 juillet à Paris : Inauguration du monument en Mémoire des victimes du génocide de Srebrenica au cimetière Père Lachaise, de la pierre gravée, gérée par SIBH-France qui a reçu, surtout de communautés bosniaques la somme de 26’000 euros pour les frais de ce monument. La Mairie de Paris a organisé la Cérémonie avec les discours de la Maire Anne Hidalgo et du Maire du 20ème, Eric Pliez, du Président de la Bosnie-Herzégovine, Deniz Becirovic, d’un représentant des survivants, Salih Melilovic, ainsi qu’une représentante du Quai d’Orsay.

Le sculpteur Admir Hallilovic et le président SIBH-France, Jacques-Olivier David, n’ont pas eu la parole, ce qui est regrettable. Les grands médias invités étaient absents. Seuls articles dans Le Parisien et La Croix.

A midi, inauguration à la Mairie du 20ème de l’exposition «Génocide de Srebrenica : 11 leçons pour l’avenir» avec des photos de Fabrice Dekoninck. Les médias de Bosnie ont largement relayé ces évènements.

23 octobre : Film «Retour à Visegrad» réalisé par Julie Biro et Antoine Jaccoud, projeté à Uni-Mail.

26 octobre : Film «L’enfant de la Drina» projeté au Cinelux en présence de son réalisateur Irwin Mujicic (que nous retrouverons dans les lieux du film près de Srebrenica : une des étapes de notre Voyage solidaire en mai).

15 décembre : Film «Dobrinja, paroles de résistance» » réalisé par Andrej Derkovic (qui habite Genève).

20 décembre à Bruxelles ; Représentation théâtrale «Srebrenica, le chemin du retour» réalisé par le groupe belge «Ras El Hanout», basé sur leur expérience de la Marche, les témoignages de survivants, des information du TPIY sur le génocide, des témoignages sur les femmes violées. Ce théâtre citoyen musulman veut raviver la mémoire sur les crimes islamophobes commis en Bosnie-Herzégovine, faire connaître en Belgique la «Marche internationale pour la Paix» et lutter contre tous les crimes de guerre et génocide partout dans le monde.

Bonne lecture ! Toute remarque ou ajout bienvenus.

Avec nos cordiales salutations avec nos meilleures vœux pour 2026 .

Pour le Comité de Solidarité Bosnie : Ivar Petterson, Bertrand Du Pasquier